24 décembre 2011
De l’intelligence de ces « Droits de l’Homme » qui installent l’islamisme dans le monde arabe et nous brouillent avec la Turquie
J’interromps un long silence, volontaire je dois dire. La raison ? Une série de voyages, en Amérique Latine et dans le monde arabe, mais aussi la volonté de prendre du recul sur les nombreux événements qui ont fait l’actualité géopolitique récente. J’espère ne pas avoir trop déçu les lecteurs qui pouvaient légitimement attendre mes commentaires durant ces dernières semaines. Qu’ils se disent que dans notre société d’immédiateté et de bruit de fond, l’abstinence est parfois aussi un bienfait.
Le vote par l’Assemblée nationale française d’une loi visant à pénaliser la contestation du génocide arménien, me paraît être, pour quelqu’un qui se réclame de la realpolitik, un bon moment pour revenir au débat.
Chacun sait que je ne suis pas favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, et cela pour une raison simple : non seulement les Turcs ne sont pas Européens, mais l’idée même d’Europe s’est en partie forgée dans l’opposition aux Turcs ottomans. Le monde turcophone est une aire culturelle qui dispose de ses propres critères de civilisation, et qui ne se limite pas à la différence religieuse avec les Européens. Et si j’étais méchant je dirais que comme je ne leur veux pas de mal, je n’ai aucune raison de leur souhaiter de monter à bord d’un bateau qui coule.
Pour autant, ni l’affection particulière que l’on peut avoir pour le peuple arménien, ni l’opposition à la candidature turque à l’Union européenne, ni l’hostilité de certains à l’AKP (le parti islamiste turc qui gouverne), ne doivent affaiblir notre sens du discernement.
J’ai noté, ces derniers temps, que chercher des querelles avec « l’ennemi musulman » était une pente à laquelle cédait facilement nombre de défenseurs des identité française et européenne. Quand on entre dans ce genre de logique, il convient d’observer une règle de bon sens qui consiste à se demander pour « qui roule-t-on vraiment ?». Il est évident que tout ce qui conduit à l’aggravation des relations entre les peuples européens d’un côté, les Iraniens, les Turcs et les Arabes de l’autre, sert les Américains et les Israéliens mais certainement pas les Européens. Que les choses soient dites clairement à ceux qui pensent qu’Huntington a la solution : nous ne règlerons pas le problème de l’immigration extra-européenne par la guerre avec le monde musulman.
Qu’il soit bien entendu ensuite que le réalisme (la realpolitik) ne signifie pas l’absence de valeurs ou le piétinement de celle-ci. J’établis une distinction entre les « Droits de l’Homme », fabrication révolutionnaire, et la liberté, valeur antique. La liberté, depuis la Grèce, Rome et la chevalerie européenne, est au cœur de ce qu’est l’identité de l’Europe. Les « Droits de l’Homme », droits abstraits d’un homme abstrait, n’ont, quant à eux, rien à voir avec la liberté, et bien au contraire ! C’est au nom des « Droits de l’Homme » que depuis deux siècles, une seule et même politique de Terreur est menée : celle qui terrorise les peuples et les prend pour cible davantage que leurs armées, autant dans la France de 1793, que dans le vieux Sud américain, l’Irak baasiste, la Serbie, la Libye, sans oublier Dresde et Cologne, Hiroshima et Nagasaki. Demain peut-être en Syrie et en Iran.
La realpolitik c’est d’abord le rejet de cette politique des « Droits de l’Homme » qui au prétexte de libérer les peuples d’eux-mêmes, n’a cessé de les assassiner et de les livrer à des forces étrangères. La realpolitik c’est ensuite la première protection de l’idée de liberté, valeur essentielle de la civilisation européenne, qui, associée à l’exercice de la raison, est sans conteste le premier facteur du succès historique de l’Occident.
Les « Droits de l’Homme » sont en train de détruire ce que la liberté et la raison ont construit durant des siècles en Occident. Ils détruisent la puissance des Européens, annihilent leur capacité à établir le diagnostic lucide de leur véritable situation (soumission au mondialisme américain et invasion migratoire), et attisent le ressentiment des vieux peuples qui reviennent dans l’Histoire (Russes, Chinois, Indiens, Iraniens, Turcs…).
Je ne suis pas en train de contester la loi votée sur le génocide arménien au motif d’intérêts purement économiques qui seraient menacés et en m’asseyant sur mes principes. Je conteste cette mauvaise idée, parce qu’elle est, une fois de plus, le produit de l’aveuglement provoqué par la fiction des « Droits de l’Homme ».
Et plus cette fiction s’impose dans notre pays, au détriment de la realpolitik, plus la liberté recule.
Cela fait des années que la liberté d’investigation dans le champ de l’Histoire est fragilisée en France, qu’une politique de Terreur mémorielle règne sur notre pays, et que le débat est écarté au profit de la loi, surtout quand les vérités dominantes commencent à être menacées par des arguments « trop convaincants ».
Il n’est plus permis d’affirmer librement les conclusions de travaux scientifiques portant sur certaines périodes de l’Histoire (Deuxième Guerre mondiale et époque coloniale surtout) ; il n’est plus possible d’énoncer des faits et des chiffres qui établiraient un lien entre immigration et criminalité. Et, à la différence du monde-anglo-saxon, il n’est plus possible de travailler sur les différences génétiques et biologiques entre groupes ethniques et raciaux.
Ce n’est plus la science (sciences humaines et sciences exactes), ou du moins la résultante de ses libres débats, qui, chez nous, tend à énoncer la vérité, ce sont des dogmes idéologiques. Et quand ces dogmes faiblissent face à l’exercice de la raison, des lois viennent immédiatement à leur renfort pour empêcher la raison de progresser. Il existe un exemple consternant de cet effacement de la vérité scientifique, au profit de l’idéologie, un exemple qui normalement devrait réveiller les Français, ceci tout simplement parce qu’il frappe directement leurs enfants : la théorie du genre (la gender theory) qui postule que la différenciation sexuelle est le produit d’une détermination sociologique et non d’une détermination biologique, et qui est imposée à nos écoliers contre la vérité scientifique, et pas seulement contre les morales juive, chrétienne et musulmane, ou les sagesses asiatiques. Certes, les manuels d’histoire souffrent depuis bien longtemps d’une vision déformée de l’Histoire. Des médiévistes comme Régine Pernoud ou Jacques Heers se sont battus, à juste titre, contre l’image noire que l’enseignement républicain a donnée du Moyen-âge, un Moyen-âge version « Nom de la Rose », ramené aux dents pourries et à la peste, caricaturé à l’extrême pour mieux souligner la césure de la Renaissance, et surtout un Moyen-âge privé de sa dimension fondamentale : « l’enchantement » et la spiritualité. Ce qu’il y a d’essentiel dans le Moyen-âge – la puissance de la foi et l’enchantement du réel- est complètement passé à côté de nos écoliers. Comme la philosophie médiévale d’ailleurs, puisque notre enseignement de la philosophie saute allègrement de Platon à Helvétius.
Au-delà du seul Moyen-âge, et pour renforcer sa légitimité, la République n’a cessé d’inculquer à ses petits écoliers une vision manichéenne de l’Ancien Régime. Cette vision grossière et contraire à la vérité s’est étendue ensuite à l’époque coloniale, durant les trois dernières décennies, avant d’englober toute l’histoire de la civilisation européenne. Dans les derniers manuels d’histoire, ce qui a été grand est dominateur (Louis XIV, Napoléon) y est volontairement effacé au profit d’empires africains incertains. Mais ce qui est nouveau, c’est que les manuels de Sciences et vie sont maintenant également rattrapés par les dogmes de l’idéologie dominante. Le fait d’être un homme ou une femme est désormais aussi une construction sociologique, et par voie conséquence il devient légitime de pouvoir changer de sexe et de sexualité. Pour donner une légitimité au résultat de la démonstration, on a tordu les prémisses. Le contraire même de la démarche scientifique. Le sexe n’est plus un fait naturel qui s’impose à nous dès notre naissance. Il y a eu d’abord la négation des races, puis celle des nations ; il y a maintenant la négation des sexes. Et la loi est désormais chargée de nous faire entrer dans le crâne cette nouvelle religion mondialiste et ses dogmes si le conformisme n’y parvient naturellement.
La nouvelle religion a sa nouvelle histoire, laquelle est ponctuée de catastrophes incontournables, l’Holocauste des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, dans une moindre mesure celui des Arméniens, puis le « petit Holocauste » du 11 septembre. Certains holocaustes, mais pas tous quand même ! On n’imagine guère en effet nos députés votant une loi pénalisant la négation du génocide des Indiens d’Amérique lequel est au fondement pourtant de la création des… Etats-Unis d’Amérique, ou une loi visant à pénaliser la négation de la dispersion palestinienne en 1948 et 67. Il faut dire qu’il y a peu d’Indiens qui voteront à la prochaine élection présidentielle française. Peu de Palestiniens non plus, même s’il y a pourtant beaucoup d’Arabes. Le jour où la proportion de Français rendue à l’évidence deviendra trop importante, on peut s’attendre aussi à une loi pénalisant la contestation de la version officielle du 11 septembre.
Aujourd’hui en France, un universitaire est emprisonné (après avoir été détruit socialement) non parce qu’il a attaqué une banque, mais parce qu’il a osé contester des vérités historiques établies. A l’inverse, ceux qui martyrisent de façon quotidienne les Français (Français de souche ou nouveaux Français qui ont fait l’effort de le devenir), ceux qui les volent, les insultent, bousculent leurs Anciens, giflent leurs ados maigrichons et terrorisent leurs filles, ceux-là n’intéressent pas la représentation nationale. Non, pour nos députés, ce qui est essentiel, c’est de protéger la mémoire arménienne, comme ils ont cru protéger hier la mémoire juive. Manifestement, ils pensent avoir été élus pour ployer le genoux devant les minorités, plutôt que de s’occuper d’une masse de braves Français qui, inexplicablement, renouvelle leur mandat depuis plus trois décennies.
Je reviens à cette mauvaise idée de loi sur le génocide arménien.
1/ Ce débat doit rester celui des historiens. Les Parlementaires, dont l’immense majorité est ignare et n’a jamais lu un seul livre sur le sujet, n’ont pas à s’en mêler. Ils n’ont pas plus à légiférer sur la question arménienne, qu’ils n’avaient hier à légiférer sur les drames concentrationnaires de la Deuxième Guerre mondiale.
2/ Cette question appartient aux Arméniens et aux Turcs. Elle regarde la Turquie et non la France. Il ne faut pas venir se plaindre si les Turcs rétorquent en se penchant sur notre passé colonial. C’était tellement prévisible. Parler de l’Algérie pour les Turcs c’est à la fois semer la discorde chez nous, mais c’est aussi rehausser un peu plus le prestige de la Turquie dans le Maghreb.
3/ Puisqu’ils se déchaînent maintenant sur notre Histoire, j’avoue que les Turcs m’amuseraient davantage s’ils s’occupaient de légiférer sur la contestation du génocide des Vendéens. S’ils ne les connaissent pas encore, qu’ils se précipitent sur les ouvrages de l’historien français Reynald Secher, spécialiste des guerres de Vendée. Ils y trouveront les textes de la Convention qui donnèrent l’ordre explicite d’éradiquer une population toute entière, hommes, femmes et enfants, parce qu’elle était, « ethniquement contre-révolutionnaire ». Ils y découvriront des massacres de grande ampleur qui ne furent pas le résultat de débordements de la part des exécutants, mais bien d’une politique criminelle planifiée au plus haut niveau, utilisant des méthodes préindustrielles (noyades de Carrier à Nantes) et la Terreur (tannage des peaux humaines, cannibalisme, nourrissons cuits dans des fours à pain) comme stratégie militaire.
J’imagine même combien il serait intéressant pour une élite turco-musulmane anti-kémaliste de découvrir combien leurs adversaires « jacobins » kémalistes doivent à cette Révolution française, qui fut aussi la matrice des grands totalitarismes du XXe siècle (bolchévisme et nazisme) et des grandes idéologies modernistes du monde musulman auxquels s’opposent islamistes turcs et Frères musulmans arabes !
Si nos gouvernants ont décidé de nous faire détester par des pays émergents qui comptent de plus en plus, comme le Mexique (avec l’affaire Cassez) ou la Turquie, qu’ils nous le disent clairement. De ce point de vue, les résultats engrangés durant l’année 2011 sont exceptionnels !
Le Maroc a interdit ce 24 décembre un numéro de L’Express figurant Mahomet. Début de scandale dans notre presse bienpensante. Et alors ? Nouvelle leçon de Droits de l’Homme à attendre ? Il ne suffit pas de la Tunisie, du Mexique, de la Turquie, il nous faut maintenant nous fâcher avec le Maroc ? Nous ne sommes pas en train de parler d’un titre de presse français sur le territoire français mais d’un titre français sur le territoire marocain. Les Marocains n’ont-ils pas le droit de faire ce qu’ils veulent chez eux ? Ils seraient donc obligés de distribuer L’Express ? Ils n’auraient pas le droit d’estimer que ce numéro peut constituer un trouble à l’ordre public ? Le PJD (parti islamiste) n’est-il pas encore assez fort (il gouverne) à nos yeux qu’il faudrait lui donner encore un coup de main ? Il y a un très bon historien du Maroc (je ne peux que recommander son excellente et tout récente Histoire du Maroc), Bernard Lugan qui ne doit pas en revenir en ce moment ! Il y a quelques jours, l’émission qu’il enregistrait pour I-Télévision avec Robert Ménard, afin de présenter un décapant essai « Décolonisez l’Afrique ! » (paru aux éditions Ellipses début décembre) a été purement et simplement censurée, c’est-à-dire enregistrée mais jamais diffusée. Nos amis marocains devraient poser la question à la France : si vous interdisez de parole votre plus grand historien de l’Afrique, pourquoi alors ne pourrions-nous pas (de temps en temps mais c’est tellement rare !) bloquer la distribution de l’un de vos titres de presse sur notre territoire ?
A la vitesse à laquelle la France multiplie les querelles, il faut maintenant se poser une question. La bêtise suffit-elle à tout expliquer ? Ou bien y-a-t-il une force plus profonde qui pousse dans cette direction ?
Il y a un peu des questions à discuter, mais l’article est vraiment très intéressant et partageable. Mon français ne permet pas encore de l’expliquer mieux. Le dépassement du marxisme, sans le refouler, de notre équipe et votre background peuvent fertiliser le débat et produire un nouveau climat politique et, je l’espère, une nouvelle élite liée a l’intérêt national et européen, éloignée et indépendante du Washington-consensus.
Joyeux noël et bonne année, Giuseppe Germinario
Merci Giuseppe. TOus mes voeux à vous et votre équipe en Italie
Article en effet intéressant… sauf que les lois mémorielles n’ont rien à voir avec les Droits de l’Homme.
Attribuez ces lois aux lobbies, ou à la bêtise ambiante, ou à une maladresse pour répondre au négationnisme musulman particulièrement virulent, mais que viennent faire les Droits de l’Homme dans cette volonté fasciste d’imposer une histoire officielle? ça serait même plutôt le contraire: l’Esprit des Droits de l’Homme ne peut supporter une telle main mise d’un État qui dicterait la vérité historique.
Quant aux autres reproches que vous faites aux Droits de l’Homme, si certains peuvent se défendre, comme cette tentation permanente d’aller apporter militairement Liberté, Égalité, Fraternité à des peuples soumis à la dictature, on se demande ce qu’ils viennent faire dans la stupide théorie du genre que quelques lobbies homosexuels voudraient voir imposer.
Enfin, les Droits de l’Homme ne s’adressent pas à un homme théorique, mais à vous et moi. Aux simples citoyens qui peuvent ainsi vivre dans des états de droits sans être soumis à l’arbitraire d’un homme ou d’une famille régnante.
Ce n’est pas juste idiot de s’en prendre comme vous le faites aux Droits de l’Homme, c’est également une traitrise à nos valeurs morales, à l’heure où une idéologie religieuse sexiste, raciste et violente profite de tous les prétextes pour renforcer son emprise en occident.
La lutte contre l’idéologie dont vous parlez ne passe pas par des idées fausses et qui nous éloignent du bon sens le plus élémentaire. Nous sommes dans un monde fait d’identité et de puissance, et cette idéologie nous éloigne chaque jour un peu plus de cette réalité tout en alimentant la haine de l’Occident.
Cher monsieur,
merci pour cette synthèse décapante et qui va au fond du problème. les Droits de l’homme sont sans doute l’idéologie la plus meurtrière de l’histoire. Ils permettent d’éliminer en toute quiétude des centaines de milliers d’enfants par an et notamment tous ceux suspectés d’handicap… eugénisme et droits de l’homme font bon ménage en attendant l’euthanasie!
Joyeux Noël quand même
un édito tout à fait décapant!
Merci et bravo aussi pour la qualité de vos écrits. Tous mes voeux 2012
Ping : Buon Natale di Chauprade Aymeric | CONFLITTI E STRATEGIE
J’ai pris grand intérêt à lire votre article, d’autant que je viens de terminer la lecture du dernier livre édifiant de Reynald Secher « Vendée, du génocide au mémoricide ».Lecteur de la Nouvelle Revue d’Histoire, depuis sa création, c’est grâce à ses publications que j’ai pu apprécier vos écrits. Homme libre et souhaitant le rester, je tiens à vous remercier pour votre engagement en faveur de la liberté d’expression et de l’esprit critique, si dangereusement menacés en France, en ces temps de régression civilisationnelle.
Avec ses Voeux les meilleurs pour 2012
Philippe Weber
Merci, tous mes voeux pour cette nouvelle année. Oui les travaux de Reynald Secher sont précieux. On ne peut trouver de solution réelle aux problèmes politiques si l’on ne revient pas à la racine du mal.
Bonjour, merci pour cet article étayé et visant juste. Au vu du peu de commentaires, je me demande s’il y a si peu d’intellectuels ou de lecteurs avisés qui soient « computer literate » ??
PS : dslé quand j’ai fais ce commentaire il y avait un seul commentaire affiché (celui du 25/12) :-]
L’abstinence et le recul qu’impose les voyages vous réussissent cher Aymeric.
Une analyse que je partage point par point. Rien d’étonnant nous avons les mêmes lectures. La révolution française ne s’arrête jamais, cette fuite en avant est désastreuse. Quelles coteries ont poussé l’éducation nationale à diffuser en sciences et vie de la terre, une thèse de sociologie pour le moins politisée et contestable ?
Une entreprise de démolition supplémentaire, reprise en cœur par les nervis que sont les chercheurs français et le bas clergé des professeurs de l’enseignement primaires et secondaires.
Sur la question des forces qui poussent aujourd’hui la politique française vers ces impasses ; y répondre fait de vous un criminel de guerre.
Bonjour, et merci pour ce brin de clairvoyance. Scientifique de formation, je ne suis pas au point sur toutes les choses que vous détaillez, et je suis curieux de savoir ce qui fait que « l’idée même d’Europe s’est en partie forgée dans l’opposition aux Turcs ottomans ». Enfin si vous avez quelque chose à me faire lire pour m’éclaircir je suis preneur.
Pour moi l’Europe, quand je regarde l’histoire, elle concerne autant (sinon plus) le bassin méditerranéen que la Mer du Nord. Je rejoins votre bon sentiment pour la Turquie, ne leur souhaitant pas de « s’embarquer dans un bateau qui coule », je ne vois pas d’un bon oeil cette organe politique de toute façon. Je le vois comme une prise de distance encore plus grande entre les décisions et les gens qui les subissent.
La question que vous posez, et qui est probablement le cœur de votre réflexion actuelle in fine, comme celle de nombre d’entre nous, est très dérangeante quant aux avenues qu’elle ouvre.
La moindre n’étant pas l’indépendance de nos élites, en tout cas celles que le système actuel permet d’arriver au pouvoir.
Comme toujours merci de votre courage et de votre persévérance.
Les droits humains sont la formalisation de la liberté, il n’y a pas là de conflit.
Et on ne peut certainement pas considérer que la Révolution les ait mis en oeuvre.
C’est plutôt la laïcité qu’on peut accuser de détruire la liberté.
On ne peut pas considérer qu’il est légitime de tyranniser un peuple parce qu’on en est issu. Ni qu’il puisse s’agir d’un problème local: Tout tyran est ambitieux et ne demande qu’à étendre son pouvoir.
Encore moins que l’islamisme soit un problème de cette nature.
C’est bien la charia, donc l’islamisme, qui est l’enjeu de notre époque, et ce depuis 1400 ans (après une parenthèse de 2 siècles durant lesquels les idées chrétiennes ont dominé).
L’islamisme étant parfaitement universaliste, une riposte locale n’aurait aucun sens. Il faut exiger la réciprocité. Il est bon qu’on fasse connaître l’intolérance qui règne en pays musulman et qu’on exige son assouplissement, autant que l’islamisme exige que nous nous pliions à ses interdits.
Notre victoire sera globale, ou nous perdrons.
Sur les lois mémorielles: il faut les condamner car elles limitent la liberté
Mais l’État doit néanmoins définir une Histoire officielle mondiale, puisqu’il s’est arrogé le rôle d’instruire nos enfants.
Si ce n’est notre représentation, c’est une officine irresponsable et gauchiste qui s’en occupera.
Un grand merci pour cet article, cela fait plaisir de lire quelque chose qui ait du fond, contrairement à la plus part des articles que les médias nous sortent.
J’étais dans cet axe de raisonnement, mais je n’en mesurait pas l’ampleur !
Encore merci !
Très bon commentaire pour le journaliste que je suis à l’AF 2000 et dans d’autres médias.
Actualité oblige, votre propos pourrait parfaitement s’appliquer à l’ Hongrie qui se voit contrainte de justifier ses options constitutionnelles souveraines devant une commission européenne soviétoïde, davantage préoccupée, semble-t-il, par ces « atteintes [prétendues] aux droits de l’homme » que par la crise économico-financière à laquelle, par son dogme libre-échangiste, elle a contribué.
AL
Au sujet de la révolution comme matrice des totalitarismes, lire « nazisme et révolution » de Fabrice Bouthillon
Merci pour cet article sans pitié pour la rigueur intellectuelle.
C’est vrai que les droits de l’homme sont utilisés à très mauvais escient depuis 20 ans au moins. Mais vous êtes vous posé la question que les salir ainsi n’était pas le but recherché vis à vis d’une avancée populaire qui a permis de fixer quelque base de l’état de droit avant que les puissances financières reprennent la main dans les années 70-80 ?
D’autre part, pour les gender theory et même l’intersexualité, peut-on envisager que c’est une composante intrinsèque de l’homme au même titre que son aspiration à la liberté dont vous parlez, ou que la spiritualité enchanteresse que vous évoquez, mais qu’en le privant pendant si longtemps de l’accès à sa vérité intérieure, en lui imposant une culture de race, de classe, de sexe puis de croyance, on le coupe de toute autonomie qui ferait de lui un être révolutionnaire : pensant, capable de fonder une idée par lui même et non d’élire celle d’un autre, capable de se créer plutôt que de se reproduire ?
Que cette aspiration à la concorde de la nature humaine servent pour l’heure un monde dé-spiritualisé et orwelien où l’on fait passer chaque idée pour son contraire et chaque chose pour une valeur, là réside peut être le fond du problème.
Qu’il faille éradiquer même les bonnes idées et les bonnes choses pour le profit de gagner une guerre contre notre ennemi la tyranie, s’appellerait-elle huttington friedman ou rockefeller, peut-être est-ce le prix pour remporter la victoire.
Ou rentrer en guerre contre nous même pour cette victoire, peut-être est-ce simplement ce que notre ennemi attend de nous : lui ressembler.
A méditer…
J’ai lu attentivement votre article qui brille d’intelligence et qui par contrecoup éclaire la bêtise régnante due à un état ignare de la pensée 0 des politicards et autres hommes de loi.Toutefois je me permets de dire que cet état 0 sert un obscurantisme voulu car le regard et la méditation sur l’histoire m’ont appris que le maintien dans l’ignorance,la désinformation et la contrevérité servent les intérêts d’une minorité médiocre,plutôt misanthrope et profondément hypocrite,celle du Pouvoir de la nullocratie qui malgré tout tend à rendre méchant.
Merci pour votre article.Cela me fait chaud au coeur de voir qu’il y a encore des esprits critiques et qui ne rampent pas!
Un immense merci pour vos écrits que je suis seulement en train de lire ,votre lien m’ayant été donné par un ami qui partage mes opinions. Inutile de vous dire, que je suis tout à fait d’accord avec vous et que je vous considère comme un prophète. Ce qui se passe en Syrie me révolte profondément. Je suis en forme, mais j’ai 76 ans. Si ce n’était pas le cas (Je suis tireur d’élite), je serais allé combattre la rébellion en Syrie.
Reconnaissance et amitiés.
Cher Aymeric, j’introduis une note dissonante dans le concert des louanges qu’on vous fait. Le fait est qu’on peut légitimement récuser le principe même de l’émergence en droit international d’un droit pénal international, et celle de son corrolaire en droit interne qu’est la pénalisation de la contestation des crimes contre l’humanité et des génocides voire des crimes de guerre. Une « myriade » d’arguments tout à fait pertinents s’opposent à l’une comme à l’autre qui ressortent tous de l’appréhension du monde tel qu’il a fonctionné jusqu’à la seconde guerre mondiale. Il reste que le génocide au sens d’entreprise d’anéantissement volontaire d’une peuple, d’une nation, d’une ethnie, est une entreprise étatique à laquelle le négationnisme apporte la possibilité, compte tenu des moyens dont disposent les Etats, de parachever le travail. Nous entrons dans une ère où la désinformation devient l’un des nerfs et l’un des enjeux les plus puissants des guerres que se livrent les états et les individus et pour ce faire, chacun bénéficie (surtout les Etats) de moyens décuplés par les progrès technologiques. La question de la liberté d’expression ne se pose donc plus tout à fait dans les termes dans lesquels elle se posait lorsque, hier encore, le développement technologique et la mondialisation du marché de l’information ne permettait pas une diffusion massive, mondialisée, définitive de contre-vérités toxiques et mortifères. Autrement dit, depuis que le mensonge massif est devenu une arme de destruction massive réelle et efficace. Cette question de la liberté de penser et de s’exprimer dans le monde d’aujourd’hui est suffisamment importante pour qu’on néglige d’y répondre: le monde international ultra connecté a tout autant besoin de paix que les sociétés particulières qui le composent et dans l’espace duquel personne ne trouve à redire aux limitations qu’on lui impose pour le bien commun des individus (diffamation, injure publique…) et le bien de la puissance publique (secret, reserve) . Il faut réflechir plus avant. Je n’ai pas la solution mais le maintien du statu quo n’est pas celle-là. Le statu quo est le meilleur moyen de laisser fleurir la désinformation comme elle fleurit aujoud’hui, avec ou sans lois mémorielles.
Dernier point : c’est un peu « petit »… (surtout venant de vous !?), de déplorer qu’on se fâche avec ces pauvres Turcs. A croire que vous ne redoutez nullement de vous fâcher avec des Arméniens… Depuis la résurrection politique de l’Arménie, à l’épicentre du foyer caucasien, l’enjeu géopolitique global est aussi l’enjeu à sa conservation et/ou à sa destruction. Heureusement que les Russes et les Iraniens ont plus que de « l’affection » pour les Arméniens dans cette situation. Un peu de considération ne fait pas de mal non plus. Dans le jeu géopolitique sud-est anatolien et/ou sud-caucasien (comme vous voulez, c’est à peu près la même aire), l’affaire du génocide arménien est d’autant moins l’affaire des Turcs et des Arméniens que les Européens ont été parties prenantes de l’éradication criminelle turquificatrice notamment dans la suite ou la non suite qui a été donnée à cette affaire (impunité ou pas) : foyer national wilsonien de 1918 enterré à Lausanne dès 1922/23 par la France qui est l’une des premières à négocier en sous main avec les Kémalistes; dispersion et acculturation des restes épars de la nation arménienne occidentale en lieu et place de sa recomposition; trahison française du mandat syrien dans l’affaire du sandjak d’Alexandrette quelques années plus tard qui était un des principaux foyers de survie des rescapés; mais tant d’autres pays européens sont avant même la France impliqués à commencer par les Allemands dans le crime lui-même, sachant que les jeunes turcs de Salonique étaient essentiellement des Donmés membres des côteries franc-maconnes. Mais laissons-là les choses. Au-delà de la question arménienne, tutsie, ou serbe ou tartenpiesque, il existe un véritable enjeu de civilisation à repenser la liberté d’expression dans le monde contemporain et futur pour que, paradoxalement, elle ne devienne pas l’instrument le plus abouti de l’Interdit de penser … et d’agir.
L’anomie est plus liberticide que la norme et il faudra bien s’attaquer à ce fait avant qu’il ne nous paralyse entièrement. Je ne vous dis pas donc comment on doit réflechir, ce qu’il faut faire, quelles sont les incriminations ou réglementations, en particulier leur contenu, mais je vous dis simplement qu’il est simpliste et très « convenu » en fait, très paresseux, de penser qu’on peut s’en dispenser au motif / au prétexte que les disposifs normatifs actuels sont largement insatisfaisants voire dysfonctionnants, voire instrumentalisés ( cf. la définition actuelle des infractions & leur mise en oeuvre au TPY/TPR).
Très cordialement, en vous demandant d’excuser les fautes d’orthographes voire des lacunes,
« Le statu quo est le meilleur moyen de laisser fleurir la désinformation comme elle fleurit aujoud’hui, AVEC ou SANS lois mémorielles. » Ecris-je.
Enfin, SANS les lois mémorielles, davantage qu’AVEC!… Car quoi, est-ce parce que la politique sioniste est criminelle et que les communautés juives ne cessent de culpabiliser le monde occidental avec la shoah depuis quelques décennies, que celle-ci n’a jamais existé?
Il n’y a rien de plus abjecte que de dénier la réalité d’un crime au motif que la victime insupporte ou pour tout autre motif idéologique et/ou tactique.
Ainsi, l’extermination orchestrée des peuples jugés inférieurs dans l’espace germanique par l’Allemagne nazie (Juifs en premier lieu, et Tziganes, mais aussi en seconds lieu et partie … Slaves) ne mérite pas que des individus frustrés cachent leurs irritations et leurs amertumes (légitimes ou pas) derrière des querelles de chiffres à visées idéologiques… Quand on a un truc à dire, on le dit, ou on se tait. On dit par exemple qu’on en a marre de se voir offrir un programme télévisuel sur l’holocauste tous les soirs de la semaine dans les années 90. Qu’on en a de l’indigestion. Un ras-le-bol, ça s’exprime. Et surttout cela s’explicite. On s’explique et on argumente. Laissez moi ajouter dans le même esprit, que ce n’est pas parce que les élites juives occidentales sont ou ont été généralement assez ignomignieuses pour s’opposer passivement et activement à toute reconnaissance internationale du génocide arménien, puis à la pénalisation effective de sa contestation qu’il faut se rabaisser et se décrédibiliser en niant le génocide juif. Il y a une décence à conserver y compris dans le combat politique, y compris vis à vis de ceux qui n’en ont pas ou plus, sauf à perdre son âme propre ce qui revient à dire qu’on est de toute façon « mort ».