Notice biographique

Né en 1969, en France, Aymeric Chauprade est docteur en science politique de la Sorbonne, diplômé de Sciences Po Paris mais également diplômé en mathématiques et en droit international.

Dès 1994 il se lance dans le métier d’éditeur pour le compte d’Ellipses (éditeurs des classes préparatoires et des Grandes écoles). Il contribue depuis quinze ans au développement du catalogue au profit de plusieurs départements (mathématiques, physique, science politique) et est aujourd’hui l’un des plus anciens directeurs de collection de cette maison.

Entre 1995 et 1997 il s’investit dans la Francophonie institutionnelle et publie en 1996 la première étude approfondie sur l’espace économique francophone. Sa rencontre avec François Thual, géopoliticien réputé et spécialiste du fait religieux, est un tournant. Editeur de François Thual (notamment « Les conflits identitaires » en 1995 qui vont contribuer fortement au retour de la géopolitique en France), Aymeric Chauprade se lance avec son auteur et ami (alors conseiller du groupe centriste au Sénat) dans la rédaction d’un imposant « Dictionnaire de géopolitique » qui sortira en 1997. Jusqu’alors, il n’existait en France que le Dictionnaire dirigé par Yves Lacoste, lequel n’était qu’un assemblage hétérogène d’articles sans unité.

Le Dictionnaire de géopolitique

Le « Dictionnaire de géopolitique » d’Aymeric Chauprade et François Thual s’impose d’emblée comme une référence, notamment dans les milieux de défense et des affaires étrangères. Alors responsable de la géopolitique au Collège interarmées de Défense, Thual fait entrer Chauprade en 1998 dans la très prestigieuse École de Guerre. En 1999, soutenu par son maître en géopolitique, Chauprade publie une « Initiation à l’analyse géopolitique » qui devient le manuel « officiel » de géopolitique pour les officiers supérieurs français en formation dans les diverses écoles. Dès cette époque, sa géopolitique fait de l’identité l’un des principaux facteurs de l’histoire.

Constantes et changements dans l’histoire…

En 2000, Chauprade soutient à la Sorbonne sa thèse de science politique portant sur les fondements de la géopolitique (mention la plus haute avec les félicitations à l’unanimité). Puis il publie, quelques mois avant le 11 septembre 2001, un imposant volume de géopolitique « Géopolitique constantes et changements dans l’histoire » qui est salué par la presse (Le Figaro parle de « nouveau Bainville ») et connaît le succès commercial. En 2007, la 3e édition paraît. Ce manuel de 1200 pages a été, durant 8 ans, le manuel officiel de l’École de Guerre acheté par celle-ci et distribué aux 400 officiers français et étrangers.

Une renommée internationale

En 2009, avec le Président de la République Dominicaine, Leonel Fernández
En 2009, avec le Président de la République Dominicaine, Leonel Fernández

Désormais chef de file incontesté d’une nouvelle école réaliste de géopolitique française (grâce à ce manuel ainsi qu’à la Revue Française de géopolitique qu’il a fondée et dirige), Chauprade développe un important carnet d’adresses international. Il est invité à prononcer des conférences dans de nombreuses écoles de guerre à l’étranger, et aussi dans des universités. Il obtient la chaire de géopolitique au Collège des Forces armées royales de Rabat en 2003 et ne la quittera plus. De même à l’Ecole Supérieure de Guerre de Tunis dès 2005. Il est invité en Suisse, en Croatie, en Indonésie, en Chine, en Syrie et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Plusieurs écoles de guerre étrangères lui demandent des missions de conseil pour développer leur propre département d’analyse et d’enseignement de la géopolitique.

Chauprade qui a participé à la création d’un mastère de géopolitique à l’Université Paris-I Sorbonne et obtenu une chaire d’histoire des idées politiques en Suisse, à l’Université de Neuchâtel, se concentre de plus en plus sur l’enseignement militaire supérieur. Parallèlement à ses activités universitaires, il crée sa propre société de conseil pour répondre aux demandes d’expertise de grands groupes français ou de banques suisses.

La défense des peuples et des civilisations face au mondialisme

En 2007, à bord du porte-avions Charles De Gaulle
En 2007, à bord du porte-avions Charles De Gaulle

Défenseur de l’indépendance nationale et de l’équilibre multipolaire, farouche partisan d’une alliance avec la Russie et d’une politique arabe forte, ses analyses ne lui valent pas que des amis. En 1999, Chauprade affirme que la participation de la France au démantèlement de la Yougoslavie est une erreur. En 2003, sur les plateaux de télévision, face à de nombreux intellectuels pro-américains qui fustigent le refus du président Chirac d’associer la France à la guerre contre l’Irak, Chauprade défend la politique d’exception de la France. Il condamne l’ingérence humanitaire, qui est le masque des intérêts américains. Marqué par son expérience au Liban et en particulier par le souvenir des massacres de civils libanais en 1996 au Sud-Liban, il défend le droit des Palestiniens à se doter d’un État tout autant que celui des Israéliens à défendre leur État-nation et ne cache pas son mépris du terrorisme, quelque soit la justesse d’une cause.

Défenseur de la liberté des peuples du Sud face à l’ingérence occidentale, Aymeric Chauprade se refuse tout autant à faire silence sur le sort des peuples européens au motif qu’il est politiquement dangereux d’en parler. Très tôt, dans ses ouvrages, il pose le problème des fortes colonies de peuplement originaires d’Afrique et d’Asie qui s’installent en Europe occidentale tandis que vieillissent les populations de souche européenne. Bien que se refusant à tout prosélytisme en cours (à la différence des tenants de l’idéologie dominante), il ne cache pas ses amitiés nationalistes françaises et européennes et collabore activement avec la Radio libre « Radio Courtoisie » (Radio du « Pays réel  et de la Francophonie »). C’est sans doute cette prise croissante de risque afin de ne rien céder au politiquement correct, autant que la qualité de ses écrits et de ses conférences, qui feront la réputation d’Aymeric Chauprade dans l’armée française. Infiniment plus aimé et respecté que son ministre de tutelle, il sera finalement sacrifié par celui-ci sur injonction d’un lobby, juste avant le retour de la France dans les structures intégrées de l’OTAN, mais non sans avoir pu dire ce qu’il pensait du rapprochement avec l’OTAN, du déclin des moyens de l’armée française, livre blanc après livre blanc, de la stigmatisation injuste et dangereuse de l’Iran, du droit de la Russie à se protéger des ingérences américaines et de bien d’autres sujets…

Choc des civilisations contre politiquement correct

Chronique du choc des civilisations, première édition (2009)
Chronique du choc des civilisations, première édition (2009)

Fin janvier 2009, Aymeric Chauprade publie un nouvel ouvrage de géopolitique, grand public, à fort tirage et où l’ensemble de sa vision géopolitique apparaît clairement : le projet dominateur d’Amérique monde y est démonté soigneusement, de la périphérie russe à l’endiguement de la Chine en passant par l’Amérique Latine. L’alliance objective entre l’Amérique et l’islam radical y apparaît clairement et le premier chapitre sur le 11 septembre suggère une remise en question du dogme officiel. Le 5 février 2009 Jean Guisnel, journaliste de la gauche pro-américaine attaque violemment Chauprade dans un article du Point, pour délit de « révisionnisme » sur le 11 septembre. Dans la même journée, le ministre de la Défense annonce, sur le porte-avions Charles de Gaulle, qu’il met fin avec effet immédiat au poste de celui qui était, de fait, le dernier représentant de la tendance gaullienne en politique étrangère parmi les experts de défense. La France réintégrant l’OTAN, l’épuration des éléments gaulliens est clairement engagée.

En quittant les écoles militaires françaises (non seulement le Collège interarmées de défense, mais aussi le Centre enseignement supérieur aérien, l’École militaire de spécialisation à l’Outre-mer, l’Institut des Hautes études de défense nationale…) Aymeric Chauprade laisse à plus de 4000 officiers supérieurs français et plus de 1000 officiers étrangers appelés à jouer un rôle important dans leur pays un ouvrage fondamental (Géopolitique, constantes et changements dans l’histoire) et le souvenir de cours très majoritairement appréciés. Reste à savoir ce que M. Morin lèguera quant à lui aux militaires français, hormis des bases fermées, des effectifs réduits, des moyens diminués et pire encore que cela, un sentiment croissant d’humiliation…

Vers le monde multipolaire…

Fort de ses dix années passées au « top niveau » de l’enseignement militaire supérieur français et de sa réputation internationale en matière de géopolitique (tous ses ouvrages sont des succès commerciaux vendus à plus de 20 000 exemplaires chacun), Aymeric Chauprade est désormais professeur invité dans de nombreuses universités et se consacre à l’édition, à l’écriture ainsi qu’au conseil international. Profondément attaché à son pays et à sa civilisation, il ne compte pas « s’installer dans l’exil » mais entend bien, dans les années à venir, contribuer au réveil identitaire des Européens et tenir toute sa place dans la reconstruction politique d’une France libérée.

Bibliographie (principales publications)